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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/882

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I. PETRO-ALEXANDROF, KHIVA, LA STEPPE.


Le voyageur qui veut pénétrer en Asie centrale n’éprouve plus aujourd’hui les mêmes difficultés qu’autrefois. Inutile de se déguiser en derviche, même il n’y a plus à craindre les bandes de brigands écumeurs des steppes. La Russie a tout pacifié, apportant à ces peuples qu’elle conquérait, la tranquillité et l’ordre public qu’ils n’avaient jamais connus auparavant.

Que le but du voyage soit Khiva, Samarcande, Tachkend ou Kachgar, la route la plus courte est d’atteindre, à l’est de la Caspienne, le chemin de 1er transcaspien. Parvenez-y par Moscou et Astrakhan en descendant le Volga, ou par Constantinople et le chemin de fer transcaucasien en visitant Tiflis et Bakou, vous vous dirigerez vers cette côte orientale de la Caspienne, côte basse, sablonneuse, semblant émerger avec peine des eaux, vers Ouzoun-Ada, où aboutit le chemin de fer transcaspien. Vous couperez les steppes des Tekkés en wagon, sans avoir à subir les lenteurs et les fatigues des longues chevauchées. Askhabad, la nouvelle capitale de la province russe, Merv, l’ancienne reine du monde, sont des stations du nouveau chemin de fer. Mais inutile d’essayer après tant d’autres de décrire ces pays. Par une belle après-midi, le train me déposa à Tchardjoui, aux bords de l’Amou-Daria. C’était en mai. Rien ne vaut un beau ciel d’Asie, plein de lumière,