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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/864

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LA

TRAVERSÉE DE LA MANCHE

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TUNNEL, PONT OU NAVIRE

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La distance de Paris à Londres se franchit actuellement en sept heures et demie. Le chevalier de Grammont y mettait trois jours, rapidité dont s’émerveillait la cour d’Angleterre. Il y a donc progrès. Mais ce n’est pas encore assez, paraît-il, pour l’époque affairée où nous sommes. Arrêt à Calais, embarquement, traversée, débarquement à Douvres, tout cela emploie, au bas mot, une heure trois quarts à deux heures. Trente et quelques minutes suffiraient cependant si les rails du Nord joignaient sans interruption ceux du South-Eastern, sans compter la suppression de l’odieux mal de mer. Puis, l’imagination aidant, les esprits enthousiastes et généreux, — il y en a beaucoup, — voient dans l’union des deux rives du détroit, non-seulement une grande œuvre comme celles dont notre siècle est coutumier, mais aussi un progrès vers la fusion des races et la fraternité des peuples, tandis que d’autres, à visées moins hautes, en attendent une nouvelle activité pour le commerce, une augmentation du mouvement des affaires.

Pour remplacer le navire, l’aérostat n’est pas encore prêt. Souvent promise, récemment encore annoncée comme prochaine, par de véritables savans, que séduit, sans doute, la difficulté du problème, la direction des ballons reste une question à l’étude. Blan-