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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/724

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LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

La rente française subit depuis le commencement du mois le contrecoup de la poussée un peu trop vive qui l’avait portée de 97 francs au pair. Quelques portefeuilles se sont ouverts, malgré la confiance qu’inspire à la masse des capitalistes l’état des affaires politiques tant à l’intérieur qu’au dehors.

En même temps que des rentiers se décidaient à vendre leurs inscriptions, le courant des achats quotidiens de la Caisse des dépôts et consignations pour les caisses d’épargne ordinaires, la Caisse nationale et divers autres services, s’est sensiblement ralenti pendant le premier semestre de 1892, et surtout dans les deux derniers mois. Le total de ces achats a porté sur un capital de 138 millions de francs. La Caisse a consacré en outre 38 millions à des versemens de libération sur les rentes 3 pour 100 1891. Le montant total des sommes qu’elle a appliquées aux achats de rentes atteint donc 176 millions. L’an dernier, le montant correspondant avait été de 193 millions.

Il faut considérer enfin que le dernier versement sur l’emprunt de 1891 a dû être effectué dans le courant de juillet, et que depuis le commencement du mois les deux fonds, ancien et nouveau, sont complètement assimilés.

Les ventes de portefeuille et les versemens de libération de l’emprunt vont sans doute avoir pour épilogue en liquidation des livraisons de titres dont il est absolument impossible de préjuger l’importance, mais que le marché, — tout le fait espérer, — supportera très vaillamment. La spéculation prévoit depuis un mois ces livraisons, elle s’y est préparée, l’événement ne prendra nullement la place par surprise. La rente, qui a été compensée à 98.55 fin juin, pourra reculer à 98 fin juillet, il est peu probable que la réaction attendue l’entraîne plus bas. Il y a quinze jours, un premier mouvement d’oscillation l’avait déjà ramenée à 98.05. Elle s’est relevée à 98.60 et finit à 98.30.

L’action de la Banque de France reste cotée à ses cours les plus élevés et s’est même avancée, dans les deux dernières semaines, d’une cinquantaine de francs à 4,225. Il semble donc que le retard apporté par les chambres à l’examen de la loi sur le renouvellement du privilège ne cause aucune inquiétude aux porteurs de ce titre. C’est qu’en réalité l’État a bien plus d’intérêt que la Banque elle-même à une