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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/695

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deux heures du matin, mais à midi. La convention n’y veut entendre et se prononce pour la continuation de l’ordre du jour.

C’est le vote immédiat, sans discours et sans commentaires. À trois heures, le marteau du président retentissant sur la table annonce l’appel nominal par États et par ordre alphabétique. Un profond silence se fait et la voix sonore du secrétaire appelle :

— Alabama ?

— L’État d’Alabama, répond le président de la délégation, donne 14 de ses votes à Grover Cleveland, 2 à Hill, 1 à Boies, 2 à Morrison, 2 à Campbell, 1 à Gorman.

Les bravos éclatent parmi les adversaires de Cleveland. Leur tactique consiste, en effet, à désagréger les votes des États, à rendre nul le premier tour de scrutin et à susciter au second un candidat nouveau sur lequel se rallieraient les suffrages. Le vote de l’Alabama relève leur courage et répond à leurs espérances.

Arkansas ? — L’État d’Arkansas donne à Grover Cleveland ses 16 votes.

Californie ? — On écoute attentivement la réponse. Elle ne se fait pas attendre. La Californie donne la totalité de ses voix, 18, à Cleveland.

L’espoir renaît parmi les partisans de Cleveland qui applaudissent à tout rompre, s’encourageant du geste et de la voix. La délégation californienne n’a voulu, en cédant son tour de parole à New-York, que hâter les désignations des candidats et précipiter le vote.

— Colorado ? — Trois voix à Hill, 5 à Boies.

L’appel se poursuit, le résultat reste indécis. Cleveland est en tête, mais la majorité absolue semble se dérober. On attend le tour des gros bataillons, des États qui disposent, vu le chiffre de leur population, d’un nombre important de suffrages. Leur vote sera-t-il compact ou vont-ils, égrenant leurs voix sur les différens candidats, rendre de plus en plus incertain le résultat. On appelle l’Illinois ; il a 48 votes à jeter dans la balance.

— L’État d’Illinois, répond A. E. Stevenson, président de la délégation, donne ses 48 voix à Grover Cleveland.

Cris et hurrahs, Le vote de l’Illinois peut entraîner celui des États de l’ouest. L’Iowa vote pour Boies, mais la majorité de Cleveland s’accroît ; on pointe les suffrages ; des chiffres encourageans se croisent dans la salle, chiffres répétés par des milliers de voix, jetés à la foule qui assiège les portes et suit avec une anxiété fébrile les progrès du scrutin.

Voici New-York. — New-York, déclare le gouverneur de l’État, chef de la délégation, donne à Hill les 72 votes dont il dispose.