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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/691

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opposait l’intérêt des classes laborieuses à l’oligarchie des millionnaires ; elle était une menace pour la ploutocratie envahissante, pour les accapareurs de terres, elle devait agir puissamment sur l’esprit des électeurs ; aussi rallia-t-elle, avec quelques autres mesures d’ordre relativement secondaire, la grande majorité des suffrages.


II

Il était six heures du soir quand le président, déclarant le programme adopté, annonça que l’ordre du jour appelait la désignation des candidats à la présidence. L’assemblée houleuse, énervée par des discussions prolongées et des votes successifs, devint soudain silencieuse et attentive. Les noms et les titres des hommes politiques qui sollicitaient l’honneur de représenter le parti dans la grande lutte électorale allaient être mis en avant par leurs partisans respectifs. De l’accueil qui leur serait fait se dégagerait une première impression des forces dont chacun d’eux pourrait disposer.

Pour permettre aux délégués des différens États de l’Union de formuler leurs préférences, l’usage veut que le président de la convention fasse procéder à l’appel nominal et par ordre alphabétique des États. Le président de la délégation de l’État appelé se lève et proclame le nom du candidat choisi par la délégation. Le plus souvent ce personnage, appelé à prendre la parole, est choisi d’avance parmi les orateurs des États disposant du plus grand nombre de votes. Quand les candidats ont été ainsi successivement désignés, nominated, on procède à un nouveau tour de scrutin, décisif cette fois, dans lequel, à l’appel de son État, le président de la délégation déclare le nombre de votes électoraux, établi selon le chiffre de la population, dont l’État dispose dans l’élection présidentielle et la répartition qu’il fait de ces votes. Il arrive en effet que ces votes s’éparpillent parfois sur divers candidats ; l’union ne s’effectue que lorsque le dépouillement du scrutin a déterminé une majorité absolue en faveur de l’un d’eux, et alors l’usage invariablement suivi veut que, par suite de l’adhésion de toutes les délégations, ce candidat soit proclamé l’élu unanime du parti. Jusque-là les votes sont libres et, selon les péripéties de la lutte, les-délégués peuvent modifier les leurs, les reporter d’un candidat sur un autre et, au cours même du scrutin, déplacer une majorité apparente.

On n’en est encore qu’à l’appel nominal pour la désignation des candidats.