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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/588

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III. LE CRÉDIT ET LA RUINE DES ANCIENS CAPITALISTES. [1]


I

Par quelle mystérieuse vocation la race juive en est-elle venue, au moyen âge, à monopoliser dans l’Europe chrétienne le commerce de l’argent ? C’est ce qu’il est impossible de dire. Pourquoi ce petit peuple d’Israël, peu à peu répandu sur le monde civilisé, s’était-il attaché à cette branche de négoce plutôt qu’à toute autre, comme les indigènes de certaines de nos provinces se spécialisaient dans des professions déterminées, comme les Limousins se faisaient maçons, et les Auvergnats chaudronniers ?

Doit-on croire que les prohibitions religieuses, en écartant jadis les catholiques des opérations financières, aient suffi à ouvrir aux

  1. Voyez la Revue du 15 avril et du 15 juin.