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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/578

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concluaient à l’unité du monument et l’attribuaient à Agrippa. Toutes les raisons que l’on peut apporter à l’appui de cette conclusion ont été présentées par Fea dans un livre publié d’abord en 1807, puis en 1820 sous ce titre décisif : l’integrità del Panteon rivendicata a Marco Agrippa.

Non moins nombreux sont ceux qui ont pris à cœur de restaurer le Panthéon conformément au témoignage de Pline. On avait bien pu concilier les textes, mais il était plus difficile de mettre les textes d’accord avec les faits. Si je ne craignais d’abuser, je citerais les architectes qui, comme Serlio, se sont joints aux savans pour s’occuper des chapiteaux de bronze ; et ceux aussi qui ont travaillé sur les cariatides. Il suffira de dire sommairement quelles sont, sur l’un et l’autre sujet, les solutions qui ont été proposées. On ne sait pas bien ce qu’était le bronze syracusain, quelles étaient sa couleur et ses ressources ; mais on a supposé que les chapiteaux de ce métal appartenaient aux tabernacles, et qu’après les incendies ils avaient été remplacés par des chapiteaux de marbre. Quant aux cariatides, il y en a parmi nos auteurs qui pensent qu’elles ont été enlevées par Boniface IV, mais alors on ne voit pas d’où elles auraient été extraites. Quelques autres s’en sont servis pour remplacer les colonnes des tabernacles, mettant ainsi la statue de l’autel entre deux figures de même grandeur, ce qui serait une faute. Certains d’entre eux les établissaient sous le vestibule soit sur les colonnes de la nef du milieu, soit dans les entre-colonnemens. Enfin il en est qui les ont rangées sur l’attique, leur faisant ainsi porter l’entablement supérieur d’où part la coupole. Ce fut l’opinion de Winckelmann et c’est celle de M. Frédéric Adler. Suivant ce savant architecte, au-dessus des pieds-droits et des enfoncemens formant chapelles, et interrompu seulement par la niche du maître-autel et par la porte, aurait régné un entablement sans ressauts. Les cariatides y eussent été placées à l’aplomb des colonnes ; et cette opinion est celle qui a généralement prévalu.

La construction était ce dont on s’était le moins occupé, soit qu’on crût la mieux connaître que le reste, soit qu’elle intéressât moins, ici, que l’esthétique et l’histoire. J’ai dit que l’édifice repose sur huit piliers ; et l’on pensait que, conformément à ce que l’on observe dans plusieurs monumens romains, ces massifs de soutien étaient formés sur leurs deux faces de larges murs de brique, et que l’intervalle qui séparait ceux-ci était rempli d’un blocage de petits matériaux. On connaissait bien les arcs qui vont d’un pied-droit à l’autre ; ces arcs ont toute l’épaisseur du tambour et se voient au dehors. Quant à la coupole, on imaginait qu’elle était soutenue par une suite de nervures allant de sa base