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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/485

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L’Italien avait été poussé au-dessus de 93 francs sur la pensée que la visite du roi Humbert à Berlin assurait à l’Italie l’appui financier de l’Allemagne. Aucun fait n’est venu témoigner, sur ce point, de la justesse de prévision des spéculateurs. Après le détachement du coupon de 2 fr. 17, ce fonds a reculé jusqu’à 89 francs, et s’est relevé à 89.70.

Pourquoi les fonds turcs sont-ils constamment offerts depuis quelques semaines ? Sans doute uniquement parce que la spéculation, ayant réussi à les porter à des cours très élevés, a cherché ensuite à se dégager en réalisant les bénéfices de l’opération. Le 1 pour 100 a été ramené à 20.15, les actions des Tabacs ne sont plus qu’à 374 après 385, la Banque ottomane a valu 600, et a détaché un dividende de 17.50 pour 1891. Le cours actuel de 555 représente une réaction d’environ 25 francs.

Le Portugais, après le refus du gouvernement de Lisbonne de ratifier l’arrangement conclu à Paris avec les comités de créanciers, a rétrogradé brusquement à 24, et se tient, depuis, à ce niveau. Les Bourses du continent ont en général décidé de ne plus coter que les titres sur lesquels le coupon de juillet n’aurait pas été détaché. Le Stock-Exchange, on ne sait trop pourquoi, a pris une décision contraire. Le ministre des finances du Portugal a déclaré formellement que les obligations de la Régie des Tabacs conservaient leur gage intact.

Les fonds austro-hongrois ont eu très peu de variations. L’attention du monde financier à Pesth et à Vienne reste concentrée sur les projets de loi, actuellement en discussion dans les deux parlemens, concernant la réforme monétaire.

Il a été dit plus haut que les fonds russes s’étaient raffermis ces derniers jours. Le crédit de la Russie résistera à l’action des nouvelles relatives à l’épidémie cholérique, comme il a surmonté l’épreuve redoutable de la famine du dernier hiver.

Les valeurs égyptiennes ont à peine faibli pendant quelques jours sous l’influence des élections anglaises qui réveillaient la question de l’évacuation.

La rente française, dans les premiers jours de juillet, a tenu bon contre les tendances pessimistes qui dominaient ainsi un peu partout. Le 3 pour 100 a même été relevé d’abord à 99 francs. Mais il n’a cessé ensuite de reculer lentement, et il finit à 98.15 sur les incidens parlementaires amenés par la discussion des affaires coloniales.

Les actions de nos grandes compagnies de chemins de fer sont toujours au premier rang des titres favoris de l’épargne. Le Nord, qui avait été ramené à 1,800 francs, ex-coupon, a déjà repris à 1,865. Il a été vaguement question du rachat des lignes du Midi par l’État ; mais ce n’est pas la législature actuelle qui pourra aborder un tel sujet ; il est déjà douteux qu’elle puisse mener à terme la loi sur le renouvellement du privilège de la Banque de France et la réforme des caisses