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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/471

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 juillet.

Les sessions de parlemens comme les livres ont leur destin. Il y en a de brillantes, de fécondes pour les affaires du pays, il y en a de simplement utiles, d’honnêtes sessions qui ne font pas parler d’elles, il y en a de décidément médiocres et stériles qui passent sans profit et sans éclat. Celle qui finit, qu’on a hâte de clore pour courir aux élections des conseils-généraux, ne semble pas destinée à figurer dans l’histoire parlementaire de la France parmi les sessions brillantes ou fructueuses, même parmi les sessions bien utilement occupées.

Lorsqu’elle s’est ouverte pour la première fois au mois de janvier, lorsqu’elle s’est rouverte, après de courtes vacances et une petite crise de ministère au mois de mai, elle semblait cependant pleine de promesses. Elle avait devant elle un vaste programme de réformes, de ces réformes qu’on se flatte toujours d’accomplir. Elle aurait mis la régénération universelle à son ordre du jour ! Le fait est qu’elle n’a rien produit, qu’elle n’aura marqué d’aucune manière, si ce n’est parce qu’elle aura coïncidé à son début avec l’inauguration d’une expérience commerciale déjà décidée. Ce n’est pas qu’on ne se soit par instans fort agité, qu’on n’ait beaucoup parlé, et même répandu à tout propos des torrens d’éloquence. On a multiplié les discussions, les interpellations, les motions bruyantes : c’est une partie du programme parlementaire qui ne manque jamais. Malheureusement, c’est la partie la plus inutile quand elle n’est pas la plus dangereuse. Sans doute depuis six mois on s’est donné le plaisir de toucher à tout, de se perdre en mille diversions, de soulever toute sorte de questions, surtout des questions oiseuses ou irritantes. On a touché à tout pour ne rien résoudre, pour tout ébaucher ou laisser tout en suspens. On a discuté à