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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/419

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Où en sommes-nous du débat engagé depuis une trentaine d’années sur l’objet et les méthodes de la psychologie ? Qu’est-il advenu de la célèbre définition donnée par Jouffroy dans sa préface de 1826 : « La psychologie est la science des faits de conscience ? » Y a-t-il encore aujourd’hui une science de l’observation intérieure, une science de l’homme qui se regarde penser, comme ferait quelqu’un qui se mettrait à la fenêtre pour se voir passer dans la rue ? Ou nous nous trompons fort, ou nous pouvons affirmer que cette définition de Jouffroy, malgré toutes les plaisanteries et toutes les objections auxquelles elle a été en butte, malgré les psychologies diverses qui se sont présentées pour prendre la place de la psychologie défunte, que cette définition, dis-je, malgré tout cela, est demeurée triomphante, inébranlable et inébranlée. Il n’est pas, je crois, aujourd’hui, un philosophe, ni même un physiologiste éclairé et compétent qui nie l’existence d’une science des faits de conscience, d’une psychologie subjective, fondées sur l’observation interne, les autres psychologies que l’on a découvertes depuis (expérimentale, comparée, physiologique, morbide, etc.), n’étant que des extensions, des vérifications, des contre-épreuves de la première, mais reposant sur