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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/344

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I

Il fut une époque où l’éducation de l’enfant et du jeune homme était purement physique, même dans les classes élevées de la société. Un homme bien né apprenait l’équitation, le maniement des armes et les divers exercices du corps, sans avoir autrement souci de l’instruction scientifique et littéraire. C’était le temps où le noble chevalier, ne sachant pas même écrire son nom, signait les actes et les contrats en égratignant le vélin de la pointe de son poignard. Mais, à mesure que diminua le rôle social de la force musculaire, on vit décroître aussi l’importance des exercices corporels, et l’éducation intellectuelle commença à prendre le pas sur l’éducation physique. Enfin, grâce au progrès incessant des sciences et de leur application pratique, le rôle des aptitudes physiques devint tellement secondaire, que la force et l’adresse ne furent plus que des qualités de luxe, même au point de vue de la sécurité personnelle et de la défense du pays. Ces qualités, — comme il arrive de toutes les choses superflues, — ne furent, dès lors, recherchées que par un nombre restreint d’individus ; puis, peu à