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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/34

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Les archives de la famille Goethe ne se sont ouvertes qu’en 1885, à la mort de Walther von Goethe, petit-fils de l’auteur de Werther et de Faust. Walther, en qui s’éteignait la descendance du grand poète, avait légué ses papiers à la grande-duchesse de Saxe-Weimar, qui s’empressa d’en confier la publication à un groupe d’érudits. Bien que de nombreux volumes aient déjà paru, « l’armoire de Weimar » semble encore loin d’être épuisée ; mais ce que nous possédons constitue dès à présent un trésor. A mesure que venaient au jour lettres et documens, bien des figures s’éclairaient dans l’entourage de Goethe. Des physionomies qu’il s’était contenté d’esquisser dans ses Mémoires se précisaient et s’accentuaient. D’autres, auxquelles il n’avait pas donné place dans sa galerie, sortaient de la pénombre et réclamaient à leur tour l’attention.

De toutes ces figures, aucune n’a autant gagné que la mère de Goethe à la grande lumière qui s’est répandue sur elle. Son fils en avait tracé une jolie silhouette. Il l’avait montrée gaie et sereine, bonne, active, jouant dans son intérieur le rôle de providence au petit pied. Ce n’était toutefois qu’une silhouette, et cette excellente et originale créature méritait mieux. Les nouvelles publications et les recherches dont elles ont été le point de départ [1]

  1. Voir Goethes Mutter, par le docteur Karl Heinemann, ouvrage consciencieux, abondant en documens ; les publications de la Goethe-Gesellschaft ; les Œuvres complètes de Goethe ; ses Lettres, etc.