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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/244

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tend à donner aux communes, départemens et chambres de commerce l’autorisation de contracter directement des emprunts à la Caisse des dépôts et consignations sur les fonds des caisses d’épargne.

Le Crédit foncier a un portefeuille de prêts communaux de 1,200 millions de francs environ, sur lesquels 220 constituent pour les communes une charge annuelle variant de 4.60 à 5 pour 100. C’est naturellement cette catégorie d’emprunts que les communes seraient tentées de rembourser si elles pouvaient obtenir des conditions plus favorables de la Caisse des dépôts et consignations. Or ces conditions, le Crédit foncier sera en mesure de les leur offrir lorsqu’il aura converti les obligations communales qu’il avait émises en représentation desdits prêts. Le bénéfice devant résulter de la conversion lui permettra de ramener à 4.15 pour 100 le montant de l’annuité que les communes paient actuellement au taux de 4.50 à 5 pour 100, pourvu que les communes auxquelles sera offerte cette atténuation de charge annuelle consentent à renoncer pendant dix années au droit de rembourser leur dette. On ne voit pas quelle bonne raison pousserait les communes dont il s’agit à refuser leur concours à une combinaison qui leur assure un avantage aussi substantiel. Le Crédit foncier a donc toute chance, par ce moyen, de parer au péril de remboursemens trop nombreux et simultanés sur ses anciens prêts.

L’action du Crédit foncier, qui s’était déjà relevée au milieu du mois de la dépréciation dont l’avait frappée le vote de l’amendement Siegfried, s’est tenue pendant la seconde quinzaine de juin aux environs de 1,150 francs.

Il s’est produit des variations assez sensibles sur les cours de quelques autres titres d’établissemens financiers. La Banque de Paris a reculé de 682.50 à 656.25, le public craignant que les difficultés de la situation financière en Espagne et dans la république Argentine n’aient une répercussion fâcheuse sur une partie du portefeuille de cette institution. Le bruit que le gouvernement portugais, aux abois, se verrait amené à frapper d’un impôt les obligations de la Régie des tabacs a provoqué des ventes d’actions du Comptoir national d’escompte. Ce titre a reculé de 517.50 à 510. Le Crédit mobilier a fléchi de 5 francs à 177.50, la Banque d’Escompte, au contraire, a été relevée de 25 francs à 210.

La Banque de France a détaché lundi 27 juin son dividende semestriel fixé à 75 francs. L’action, cotée 4,150 francs avant le détachement, vaut actuellement 4,110 francs. La chambre a enfin abordé la discussion si longtemps retardée du projet de loi portant renouvellement du privilège de cet établissement. Les conclusions du rapport rédigé par M. Burdeau, au nom de la commission, et favorables au renouvellement, ont été vigoureusement attaquées par MM. Millerand et Pelletan et défendues avec éclat par M. Léon Say. Les deux premiers