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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/162

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Nous assistons depuis six mois à une reprise des hostilités entre l’Église et l’État. Tout d’abord, nous avons voulu croire à des incidens isolés, à des faits sans lien entre eux ; mais le temps s’écoule et chaque semaine apporte avec elle une provocation, un grief, un conflit nouveau. Loin de s’améliorer, la plaie s’envenime : nous voyons alterner les coups d’épée et les coups d’épingles. L’irritation gagne ; les amours-propres s’échauffent et l’esprit de l’action s’empare d’une querelle qui lui paraît la plus capable de soulever les passions.

Allons-nous voir s’ouvrir une de ces luttes stériles et interminables qui ont mis tant de fois aux prises, pour le malheur des âmes, l’Église et l’État ? Quelles sont en ce moment les forces des deux partis, soit dans le parlement, soit dans le pays ? quels sont les griefs réciproques ? quelles sont les armes du pouvoir civil ? comment surtout, en d’autres temps, les gouvernemens sont-ils parvenus à rétablir la paix ?

Telles sont les questions sur lesquelles nous croyons le moment venu de parler avec une absolue sincérité.

Dans neuf ans, le concordat aura un siècle. Il a vu naître et s’apaiser quatre ou cinq querelles. Les plus graves n’ont pas dépassé un très petit nombre d’années ; mais leur caractère a été très différent suivant qu’en face de l’Église se dressaient l’orgueil d’un homme ou les passions populaires. En 1811, c’était le vieux