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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/130

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Il est des écrivains dont tout le monde connaît le nom et dont personne ne lit les œuvres. Le plus souvent médiocres, nuls quelquefois, ils doivent à un ensemble de causes fortuites une réputation qu’ils n’auraient jamais atteinte sans elles. Tantôt un critique illustre les a vertement appréciés au passage et ils sont venus jusqu’à la postérité avec l’arrêt de leur juge ; ainsi les mauvais poètes latins, dont il ne reste pas un vers, mais qui ont reçu d’Horace l’immortalité du ridicule ; ainsi l’abbé Cotin, l’abbé de Pure et quelques autres « victimes » de Boileau. D’autres fois, une bonne fortune, où l’intention n’avait pas plus de part que le talent, leur a fait jouer un rôle dans un épisode considérable de l’histoire littéraire ; ils ont saisi une idée qui flottait dans l’air et l’ont exprimée fort mal, mais ils sont les seuls à s’en être avisés ; une scène intéressante se déroulait quelque