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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/303

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été prises au dépourvu et de n’avoir pu vendre davantage. » Ailleurs, les boulangeries civiles ont demandé l’autorisation de s’approvisionner de supplémens à l’intendance, laquelle n’a jamais été prise au dépourvu.

Mais, encore une fois, et quelque satisfaisantes que soient ces constatations, il n’en reste pas moins que l’expérience même du ravitaillement, du rôle de l’arrière, n’a point été faite, et que la convention qui consiste à fixer par avance les centres de distribution, n’ayant d’autres avantages que des économies budgétaires, ajoute des fatigues inutiles aux fatigues nécessaires et risque de perpétuer de mauvaises habitudes dans certains corps. N’a-t-on pas vu tels officiers d’approvisionnement se contenter de passer un marché avec leurs fournisseurs de garnison, qui s’engageaient à leur assurer les vivres partout où ils passeraient ?


II

Les manœuvres de l’Est n’ont pas eu seulement une importance exceptionnelle par la quantité inusitée des hommes qui y ont participé ; des humbles manœuvres de division de 1873 qui ne mirent en mouvement que le 14e corps, une progression savante a conduit d’abord l’armée aux manœuvres de 1876 qui mirent pour la première fois deux corps d’armée en présence ; puis, des manœuvres de 1876 aux manœuvres d’ensemble de 1889 et 1890 et surtout de 1891, dont l’initiative restera pour M. de Freycinet, à qui elle appartient, un grand titre d’honneur. Les manœuvres d’automne avaient, en effet, cette année, un but spécial qui n’avait été précédemment qu’entrevu. La qualité, la valeur des troupes avait été préalablement expérimentée, elle était connue, elle était indiscutable ; le but des manœuvres était d’éprouver le fonctionnement du commandement supérieur tel que le ministère de la guerre l’avait organisé : « Les différens rouages engrèneraient-ils entre eux sans chocs ni frottemens ? La direction d’une pareille masse d’hommes ne déconcerterait-elle pas les méthodes ordinaires du temps de paix ? » C’est en ces termes que le ministre de la guerre lui-même posait le problème. L’épreuve a été faite. Qu’a-t-elle été ?

D’une manière générale, en bloc, l’épreuve a réussi au-delà des plus ardentes espérances.

Que le plan même des opérations militaires ait été restreint dans des limites trop étroites pour permettre à la liberté d’initiative de s’exercer comme il aurait fallu, on a déjà essayé de le montrer. Que des fautes assez nombreuses de tactique aient été commises