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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/130

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I

Nous entrons décidément dans l’ère des budgets de repentir. Celui de 1892 paraît devoir être établi avec une s : ncérité relative, et donnera satisfaction à une partie des critiques adressées à bon droit, jusqu’ici, à la politique financière de notre gouvernement. Les écrivains qu’on a taxés de pessimisme ou d’hostilité systématique contre le régime actuel sont en droit de prendre acte, aujourd’hui, des aveux que l’évidence des faits et les dures leçons de l’expérience arrachent à nos ministres des finances et aux divers rapporteurs du budget. A-t-on eu tort de considérer comme un gaspillage peu judicieux des ressources préparées par la sagesse et la fermeté de l’assemblée nationale, et comme de pures manœuvres électorales, ces dégrèvemens intempestifs, célébrés sur tous les tons par MM. Wilson, Rouvier. Jules Roche, Millaud et par le chœur de la majorité opportuniste ? Lcoutez ce qu’en pense le rapporteur général du budget de 1892, M. Godefroy Cavaignac.

« Même pendant les trois années où les recettes croissaient encore, il est permis de se demander si la prudence financière autorisait l’abandon de ressources aussi considérables. Les dépenses, en effet, pendant ces trois exercices, n’ont pu être couvertes qu’à l’aide