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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/839

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LES
LAIS DE MARIE DE FRANCE



I. Die lais der Marie de France, herausgegeben von KarlWarnke, Bibliotheca normannica, Halle, 1885. — II. Gaston Paris, les Romans en vers du cycle de la Table-Ronde, Histoire littéraire de la France, t. XXX, Paris, 1888. — III. H. Zimmer, Critique du tome XXX de l’Histoire littéraire, dans les Göttingische gelehrte Anzeigen du 1er octobre 1890.


Marie de France est la plus ancienne de nos poétesses. Elle est, avec Marguerite de Navarre, et trois siècles avant elle, la plus aimable des conteuses françaises. Ses lais sont des légendes d’amour et des contes de fées. Ils charmèrent la vieillesse de Goethe, qui écrivait, en 1820, l’année même où pour la première fois ils furent publiés : « Le brouillard des années, qui mystérieusement enveloppe Marie de France, nous rend ses poèmes plus exquis et plus chers. » Les merveilles de ses récits eussent ravi celui qui disait :

 
Si Peau-d’Ane m’était conté.
J’y prendrais un plaisir extrême.

Ne soyons ni plus dédaigneux que Goethe, ni plus délicats que La Fontaine. Écoutons Marie conter. — Il vivait, au temps ancien, en Petite-Bretagne, dans le pays de Léon, un chevalier récemment armé, Guigemar, preux et beau, mais dédaigneux de l’amour. Un