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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/711

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 septembre.

Avant qu’il soit longtemps maintenant, la trêve des vacances de la politique aura pris fin. Les chambres françaises ne vont plus tarder à rentrer ; nous reviendrons toujours assez tôt aux combats de parole, aux manèges des partis, aux interpellations qu’on nous promet, peut-être aux coups de théâtre parlementaires. Les plus beaux jours sont passés dans le silence de la tribune ; ils n’auront pas cette fois passé en vain pour l’honneur et le profit de la France. Cet automne de 1891, en effet, pourrait avoir sa place dans l’histoire. Il aura été marqué et par les scènes de Cronstadt, de Portsmouth, et par les manœuvres de l’Est, et par le calme universel des esprits, et par le mouvement de pacification intérieure qui est dans l’instinct public, qui se manifeste sous mille formes. Tout cela marche ensemble et s’accorde merveilleusement. Les fêtes de Cronstadt et de Portsmouth restent ce qu’elles sont, avec les suites encore inconnues que la prévoyance des hommes saura leur donner. Les manœuvres de Champagne, ces manœuvres qui viennent de s’achever, qui apparaissent désormais comme une expérience aussi brillante que décisive, auront eu le mérite d’offrir le rassurant spectacle de notre armée nouvelle, de montrer une France digne de la position qui lui est faite dans l’estime du monde. Elles ont été sans doute une grande et instructive épreuve militaire ; elles ont été aussi une grande expérience morale. Elles ont eu de plus cette heureuse fortune de garder jusqu’au bout leur sérieux et viril caractère, de n’être dénaturées ni par des manifestations frivoles, ni par les discours qui en ont été le commentaire et le couronnement. M. le président de la république, soit dans ses rencontres avec nos généraux, soit dans ses réceptions de toutes les autorités, du clergé lui-même, accouru sur son passage, a parlé avec la