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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/482

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sidentielle entraînait la chute de Valparaiso, qui, à son tour, entraînait la dispersion du gouvernement dictatorial et la prise de la capitale du Chili, de Santiago. Aujourd’hui, Balmaceda a disparu, les congressistes sont maîtres de tout. Les armes ont décidé, l’œuvre politique commence. La question est désormais de savoir ce que feront les vainqueurs pour reconstituer un ordre régulier et légal, pour réparer les désastres d’une longue guerre civile qui laisse au Chili un dangereux héritage de ruines et d’anarchie.


Quelle étrange fortune des choses et des hommes ! quelles mobilités sur la scène publique ! Au milieu des affaires du jour, voici la disparition d’un homme qui a été le premier personnage de l’état en France, et dont la mort n’est même pas un événement. Après avoir été président de la république, M. Jules Grévy vient de s’éteindre, à quatre-vingt-quatre ans, obscurément et sans bruit, dans sa résidence de Mont-sous-Vaudrey. Il a marqué, dans une carrière plus longue que brillante, par une fidélité invariable aux idées républicaines et par une certaine simplicité sévère de tenue qui firent de lui le président de l’assemblée nationale en 1871, puis le successeur de M. le maréchal de Mac-Mahon à la présidence de la république. Il avait assurément, dans sa magistrature, de la correction, de la finesse, l’expérience des affaires. Il eut même son moment d’autorité le jour où, par son adresse, sans rien livrer de l’honneur de la France, il réussissait à détourner une guerre redoutable à propos du commissaire Schnæbelé. Le malheur de M. Jules Grévy a été de finir médiocrement comme personnage public. Son mérite fut de sauver sa dignité personnelle des incidens qui marquèrent sa chute. Sa sagesse a été de se renfermer depuis, silencieux et réservé, dans cette retraite où il vient de s’éteindre comme un homme qui était déjà d’un autre temps.

CH. DE MAZADE.




LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.




Après deux mois d’inactivité à peu près complète, le marché financier de Paris a repris, dans la première quinzaine de septembre, une animation qui, ainsi que le faisait pressentir la persistance des dispositions optimistes pendant la morte saison, s’est traduite sur la cote