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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/471

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 septembre.

Voulez-vous avoir la preuve qu’il n’y a aujourd’hui dans la France entière qu’un immense désir de paix intérieure, et que les agitations, les excitations des partis sont la plus flagrante contradiction du vœu public ? Vous n’avez qu’à regarder un peu partout autour de vous, à démêler la réalité des choses à travers les fictions, à suivre le peuple actif, industrieux et sensé dans sa vie de tous les jours.

Il poursuit ses travaux et ses œuvres utiles, sans oublier ses plaisirs, ce bon peuple de France, et reste facilement étranger aux luttes, aux rivalités de ceux qui se disputent le droit de le gouverner. Il ne se passionne guère, on le voit à mille signes, pour des querelles factices et n’a aucun goût pour tout ce qui prolongerait les dissensions intestines, aucun goût pour la politique de secte qu’on lui impose quelquefois, que sa raison désavoue. Il reste scandaleusement insensible à la motion de M. Pochon, qui voudrait nous ramener à un monopole universitaire suranné ou aggravé, et faire tout simplement de l’éducation nationale un instrument de règne. Il ne partage pas les colères des radicaux, qui ont une frayeur si comique de la réconciliation religieuse dans la liberté et prenaient feu ces jours passés encore parce que M. l’évêque de Châlons a osé parler de la « prévoyance et du patriotisme » de M. le président de la République, parce qu’un prélat n’a pas craint de complimenter le gouvernement sur ses succès extérieurs. Il n’est même pas trop pressé de voir se rouvrir une session où l’on menace déjà d’interpeller le gouvernement sur ce qu’il se propose de faire pour répondre à la cordialité, à la politique conciliatrice des chefs de l’église, par des redoublemens d’animosité et de persécution. Non, cette masse française intelligente, laborieuse et sensée, aussi étrangère aux fanatismes de secte qu’aux utopies anarchiques, ne se laisse pas abuser. Elle n’est d’instinct ni avec les prétendus politiques qui ont peur de la paix religieuse, ni avec les prétendus délé-