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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/392

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FÉVRIER-JUIN 1891.


I.

L’année 1891 s’ouvrait sous des auspices qui semblaient promettre de longs jours au système politique auquel M. Crispi avait dû d’être considéré comme la personnalité politique la plus saillante de l’Europe, après M. de Bismarck.

Le parlement italien s’était renouvelé sous son impulsion. Les quatre cinquièmes des nouveaux députés avaient été ses candidats officiels aux élections de novembre 1890. Président du conseil, ministre de l’intérieur et des affaires étrangères, il avait donc devant lui une chambre dont 400 membres, sur 500, devaient être prêts à soutenir de leurs votes persistans sa politique, au dedans comme au dehors du royaume.

Jamais ministre n’avait paru si solide. Les chancelleries étrangères se frottaient les mains, ou vivaient dans l’inquiétude, selon que, directement ou indirectement, elles appartenaient ou n’appartenaient pas au clan de la triple alliance. Tout à coup un vote de la chambre renverse le colosse qui paraissait à tous bâti à chaux et à sable.

Comment cet étonnant événement a-t-il pu se produire ? Ne le demandez pas à la diplomatie, qui vit trop peu avec le peuple des pays où elle exerce sa haute mission. Demandez-le aux députés