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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/215

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Des capitaux alsaciens, pour remplacer le Crédit foncier de France, créent en 1872, à Strasbourg, la Société de crédit foncier et communal d’Alsace-Lorraine, autorisée par décret impérial. Quelques mois plus tard, la Banque d’Alsace-Lorraine établit une succursale à Metz, en 1874, une seconde à Mulhouse. La fusion de deux maisons de banque existant depuis 1852 amène l’établissement d’une société en commandite par actions, Ch. Stæhling, L. Valentin et Cie. Toutes ces sociétés existent encore aujourd’hui.

En même temps que naissaient des banques nouvelles, d’anciennes maisons disparaissent (Lamey et Cie, Coulaux Sutterlin, Bastien et Cie, Grouvel et Cie).

Parmi les établissemens de date antérieure à l’annexion, on peut citer le Comptoir d’escompte de Mulhouse (1848), la Société générale de banque d’Alsace-Lorraine à Strasbourg, Colmar et Mulhouse, qui avait été la succursale de la Société générale de Paris et qui en fut détachée et reconstituée sous une forme indépendante, enfin la Caisse d’escompte Mayer et Cie, à Metz (1850). Le Comptoir d’escompte de Colmar (1848) sombra désastreusement en 1884 par suite de crédits exagérés et de mauvaise gestion : c’est la seule catastrophe qu’il y ait eu à enregistrer parmi les établissemens de banque et de crédit dans une période de vingt ans.

En 1852, tout était prêt pour la création du Crédit foncier du département du Bas-Rhin à Strasbourg, avec un capital de 2 millions de francs, lorsque la loi du 10 décembre 1852 vint substituer aux banques hypothécaires locales une institution centrale et privilégiée, celle du Crédit foncier de France. Sous l’empire, les Alsaciens ont réclamé la décentralisation du crédit hypothécaire ; vers 1866 ou 1867, le comice agricole de l’arrondissement de Mulhouse avait suggéré l’idée d’une banque hypothécaire et agricole de Mulhouse. On trouvait qu’une institution puissante, ayant son siège à Paris, ne pouvait donner une satisfaction suffisante aux demandes de crédit : à défaut d’une institution locale, c’étaient les notaires qui servaient d’intermédiaires pour procurer les capitaux des particuliers aux propriétaires fonciers, désireux d’emprunter. Les petits propriétaires avaient à souffrir du taux usuraire, qui leur était imposé par certains prêteurs.

Comme nous l’avons dit plus haut, la conquête par l’Allemagne avait privé l’Alsace-Lorraine du concours qu’elle retirait des opérations du Crédit foncier de France ; il y avait une lacune à combler : un groupe de capitalistes et de banquiers alsaciens, avec l’aide des banquiers allemands et suisses, fonda en 1872 la Société du crédit foncier et communal d’Alsace-Lorraine, beaucoup plus conforme au type du grand établissement disparu qu’au type des banques foncières d’Allemagne.