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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/186

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présumant d’après la route de l’escadre A à sept heures du soir que son objectif devait être Ajaccio, décida de continuer sa route au N. 70 E., jusqu’au jour.

A partir de 3 h. 15 du matin, le 10, le Tage, qui se trouvait en avant, signalait successivement les croiseurs, puis les cuirassés de l’escadre A.

Celle-ci avait ouvert le feu contre les batteries d’Ajaccio à 4 h. 50, laissant le Cécille et le Lalande en surveillance en dehors de la baie. A 5 h. 30, le Cécille signalait l’approche de l’escadre B et, à 5 h. 50, l’escadre A prenait chasse au nord, suivie par l’escadre B qui s’emparait du Lapérouse, resté en arrière pendant la nuit. L’escadre B, qui avait remarqué l’absence du Condor et des torpilleurs de l’escadre A, fit fouiller les côtes par le Courbet et le Forbin et, à trois heures de l’après-midi, lançait ses torpilleurs, — qu’elle venait de ravitailler, — en avant, pour poursuivre et attaquer de nuit l’escadre A qui avait été perdue de vue pendant la journée.

L’amiral des Essarts, n’ayant plus le temps d’opérer contre les côtes de Provence, se contenta de faire des fausses routes pendant la soirée pour éviter toute surprise de la part des torpilleurs.

A minuit, les opérations prenaient fin et tous les bâtimens rentraient le lendemain matin au mouillage des Salins-d’Hyères.

Comme on le voit, les conditions de la défense étaient assez défavorables ; elles le seront toujours pour toute escadre ayant à couvrir un large détroit en évitant de se disperser pour ne jamais être surprise en forces inférieures. Le mauvais temps et l’absence de lune ont encore ajouté aux difficultés qu’avait à vaincre l’amiral Puech. Celui-ci a cependant eu connaissance du passage de l’escadre A et a conservé le contact de son adversaire, et cela grâce au Tage, et aussi longtemps que ce croiseur a pu développer une vitesse de 18 nœuds.

C’est une confirmation éclatante de l’importance du rôle que joueraient les croiseurs dans une guerre navale, quelle qu’elle fût.


III

Pendant que la flotte de la Méditerranée accomplissait ce programme, les bâtimens armés dans les ports du Nord procédaient isolément à l’instruction de leurs réservistes, ainsi qu’à leurs exercices de navigation.

A Cherbourg, on a mis sur rade le cuirassé le Turenne, les garde-côtes cuirassés Vengeur, Tonnerre et Tonnant ; la