Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/961

Cette page n’a pas encore été corrigée


environ. Ces deux opérations effectuées, les liquidateurs espèrent qu’ils n’auront à réclamer des actionnaires aucune partie des 375 francs pour lesquels ils restent responsables sur chaque action.

Le Crédit lyonnais a réuni ses actionnaires en assemblée générale le 11 courant. Situation très prospère, ressources liquides en quantité plus que suffisante pour couvrir tous les engagemens immédiatement exigibles, expansion énorme des affaires sociales, dividende de 30 francs par action libérée de 250 francs, voilà le résumé des communications faites à la réunion.

La situation paraît en effet très solide. Il y a 611 millions de dépôts à vue et de comptes courans et 142 millions d’acceptations, soit 753 millions du côté de l’exigibilité. En regard de ce total formidable, le Crédit lyonnais place son portefeuille-effets de 460 millions, son encaisse de 63 millions, ses 271 millions de comptes courans et ses 139 millions d’avances et reports, soit 933 millions du côté des ressources disponibles.

Les disponibilités dépassent donc de 180 millions environ les exigibilités.

Si, comme tout l’indique, et comme l’a affirmé le gouverneur du Crédit lyonnais dans son allocution à l’assemblée, le portefeuille-effets est réellement sain, composé de papier commercial, de valeurs que la Banque de France n’hésiterait pas à réescompter, le Crédit lyonnais peut attendre sans crainte les demandes en masse de ses déposans.

Le gouvernement portugais a cédé à un syndicat de puissantes maisons financières l’exploitation du monopole des tabacs, qui produisait jusqu’ici environ 22 millions. Une société s’est constituée au capital de 50 millions pour l’entreprise de cette concession. Le conseil sera présidé par M. Alfred André, de la maison André Neuilize et Cie. Au nombre des administrateurs figurent MM. Achille Monchicourt, de la Banque parisienne ; Th. Berger, du Comptoir national d’escompte ; Auboyneau, de la Société des tabacs ottomans. La Société cointéressée des tabacs portugais s’engage à payer à l’État une redevance annuelle progressive de 23,800,000 à 25,200,000 francs. Les bénéfices seront partagés, au-dessus d’un produit net de 28,840,000 francs, entre l’État et la Société dans la proportion de 60 pour 100 pour l’un et de 40 pour 100 pour l’autre.

La Société consent de plus à l’État une avance de 250 millions de francs dont elle est autorisée à se procurer elle-même le montant par la création de 500,000 obligations de 500 francs 4 1/2 pour 100, remboursables en 35 ans, c’est-à-dire pendant la durée de la concession. L’annuité nécessaire pour le service de l’intérêt et de l’amortissement, 14 millions environ, sera prélevée, par privilège, sur le montant de la redevance, et le surplus seul sera versé à l’État. Le prix d’émission a été fixé à 437.50, pour 22.50 d’intérêt et remboursement