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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/856

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la Roumanie, qui nous envoie une grande quantité de haricots, et que le droit sur le maïs a déjà frappée dans l’un de ses principaux élémens d’exportation en France. » Elle s’en est tenue au chiffre de 3 francs, qui représente 10 pour 100 de la valeur. De même pour les autres légumes secs. Les légumes frais seraient frappés de droits plus élevés encore, remplaçant la franchise, afin de protéger notre culture maraîchère, qui est pourtant dans une situation prospère et qui exporte à l’étranger plus de produits qu’il ne s’en importe. De même enfin, pour les fruits de table, exempts jusqu’ici, pour la plupart. La culture française est menacée, nous dit-on, par la concurrence des prunes de Bosnie, des fruits américains, des fruits africains, des pommes et des poires de l’Australie ! « De Victoria (Australie), pommes et poires de superbe apparence viennent rapidement en France et arrivent à une époque où nous n’avons que peu ou point de fruits. » S’il en est ainsi, l’on conviendra que ces excellens fruits nous arrivent fort h propos, et qu’il n’y a pas lieu de les repousser. En général, cette crainte de la concurrence étrangère pour les légumes et pour les fruits n’est-elle pas très exagérée ? La France est l’un des fruitiers du monde. Elle exporte en abondance et avec profit les produits de toutes ses régions. Au nord comme au sud, nous voyons circuler sur nos chemins de fer des wagons de fruits à pleine charge, qui sont dirigés vers la frontière. Cette belle industrie est-elle sérieusement menacée, et paraît-il nécessaire de l’étayer par un droit de douane qui serait non pas un droit protecteur, mais une taxe indirecte de consommation ?

Il est également difficile de s’expliquer pourquoi la commission a jugé utile de taxer certains fruits secs et d’augmenter le droit sur l’huile d’olive. Le rapporteur déclare que, « pour l’ensemble de ces articles, la production française égale à peu près la consommation intérieure, et que notre exportation contre-balance l’importation ; mais cette exportation s’accroît chaque année, tandis que l’importation reste stationnaire, avec tendance à décroître, et, de plus, il est absolument nécessaire de tenir compte de ce que, pour la plupart de ces produits, les amandes et les huiles d’olive notamment, les récoltes sont tellement irrégulières que, bien souvent, le commerce et l’agriculture sont obligés de faire appel aux produits de l’étranger. » La conclusion logique de cette déclaration, ce serait la réduction, ou tout au moins le maintien des droits actuels. Au contraire, la commission propose des augmentations de droits, même sur l’huile d’olive, dont l’importation est cependant si avantageuse pour les huileries de Provence dans les périodes, assez fréquentes, où la récolte des olives a été insuffisante. « On est alors obligé de combler les vides et d’améliorer les qualités par