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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/831

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succès. Dans l’établissement qui appartient en propre à l’inventeur, un nombre considérable d’hommes et de femmes vient chaque jour se soumettre au traitement de la gymnastique mécanique. Je retrouve sur mes notes les chiffres relevés le jour de ma première visite : il était venu ce jour-là 123 hommes et 92 femmes. Mais il existe deux autres établissemens munis des machines du même système, dirigés par un autre médecin, le docteur Levertin, et où afflue aussi une nombreuse clientèle. Si l’on se rappelle que la ville de Stockholm ne compte guère plus de 200,000 habitans, on comprendra la signification des chiffres que nous avons cités : ils montrent de quel crédit jouit en Suède la gymnastique mécanique. Et ce n’est pas là une de ces pratiques extra-médicales qui excitent quelquefois dans le public un engouement passager, pour être délaissées quand la science en a démontré le peu de fondement. La science marche de pair avec l’opinion publique pour faire prospérer ce système. Il n’est pas une sommité médicale à Stockholm qui n’envoie des malades aux instituts de gymnastique mécanique.

Dans toutes les grandes villes de la Suède, il s’est fondé des établissemens de gymnastique mécanique, et l’on peut dire que l’Europe entière a adopté le système avec faveur. J’ai sous les yeux une carte où sont pointées toutes les villes pourvues des appareils mécaniques du docteur Zander. Il en existe à Copenhague, à Christiania, ainsi qu’à Pétersbourg, à Moscou, à Riga ; il en existe à Londres, à Barcelone, à Milan ; l’Autriche en possède trois, et dans l’empire d’Allemagne, quinze villes en sont pourvues. Il n’y a que trois états de l’Europe où cette gymnastique n’ait pas encore pénétré ; ce sont : la Grèce, le Portugal, et… la France. — Qui donc reprochait aux Français leur engouement pour les nouveautés et pour les inventions étrangères ?


IV

Nous avons tenté d’exposer les moyens d’action dont dispose la gymnastique médicale suédoise. Il nous resterait à étudier comment ces moyens s’adaptent aux diverses affections justiciables du traitement gymnastique. Mais on comprend que ces études trop spéciales ne pourraient trouver ici leur place. Il nous suffira de dire que cette gymnastique peut s’appliquer, sans danger et avec grand bénéfice, à presque toutes les maladies qui ne sont plus dans la période aiguë de leur évolution. De même que nous avons dans notre médecine « chimique » des médicamens pour tous les maux,