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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/811

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II

Toutes les méthodes d’éducation physique usitées peuvent se ramener à deux. Dans l’une, qui s’appelle le « jeu, » l’enfant n’est astreint qu’à des règles très larges traçant les lignes générales de l’exercice et indiquant son but final ; beaucoup de latitude est laissée à son initiative dans l’exécution des mouvemens dont il peut, à son gré, ou suivant ses dispositions physiques, faire varier l’énergie, la vitesse et jusqu’à un certain point la forme. C’est le mode d’exercice qui se rapproche le plus de l’exercice spontané et naturel, tel que le prend tout être vivant quand il est sollicité par l’instinct à faire agir ses muscles. Dans les écoles et universités anglaises, on ne connaît guère d’autre exercice que le « libre jeu. » Dans l’autre méthode, les mouvemens sont réglés d’avance, rangés par catégories comme les matières de l’enseignement classique ; leur énergie, leur durée, leur fréquence et leur forme sont subordonnées au commandement d’un maître. Une règle stricte remplace l’initiative de l’écolier. C’est à ce mode systématique d’exercice qu’on donne plus particulièrement le nom de gymnastique.

Le système d’éducation physique des Suédois n’offre aucune analogie avec les jeux libres de l’Angleterre ; tous les exercices y sont réglés avec la plus stricte ponctualité, et tous les mouvemens s’y exécutent au commandement. Il ressemble plutôt au système gymnastique usité en France et qui est le même que ceux de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie. L’identité paraîtrait même complète entre le système suédois et le système français si l’on s’en rapportait à la forme générale de l’exercice ; mais, en étudiant à fond les deux méthodes, bien des contrastes apparaissent dans leur esprit et leurs tendances, bien des différences, aussi, s’observent dans leurs résultats.

A Stockholm, comme à Paris, on emploie deux catégories d’exercices. Les uns s’exécutent de pied ferme, au commandement, et consistent en mouvemens plus ou moins cadencés des bras, des jambes, de la tête et du tronc ; les autres demandent le concours d’engins divers, barres, poutres, échelles, cordages. En un mot, les Suédois ont, comme nous, des exercices « du plancher » et des exercices « aux appareils. » Mais là s’arrête la ressemblance, et, sans prétendre tracer ici un tableau complet du système suédois, il suffira d’en exposer les traits les plus caractéristiques, pour donner idée des différences profondes qui le distinguent du nôtre.

Les mouvemens aux appareils de la gymnastique suédoise n’ont pas, comme dans nos gymnases, cette tendance à la difficulté