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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/806

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gymnastes ont un caractère absolument pratique. On ne se borne pas à mettre dans la mémoire des noms d’os et de muscles, des nomenclatures de maladies ; de même qu’on ne s’en tient pas à faire apprendre par cœur aux futurs professeurs les différentes formules de la leçon à donner. L’élève prend chaque jour des leçons de gymnastique, mais chaque jour aussi il en donne. L’Institut ouvre gratuitement ses portes aux sociétés de gymnastique des deux sexes, qui sont fort nombreuses à Stockholm, et prête aussi ses salles, à certaines heures, aux enfans de diverses maisons d’éducation. Ce sont là des élémens très utiles pour l’apprentissage des élèves-maîtres, qui donnent la leçon, surveillent les mouvemens et appliquent les notions théoriques puisées dans les livres ou dans l’enseignement des professeurs. Parmi les épreuves finales qui sont la sanction de leurs études, on attribue beaucoup plus d’importance à celles qui mettent en lumière les qualités pédagogiques du candidat qu’à celles qui montrent la perfection de ses aptitudes physiques. On demande, sans doute, qu’il exécute correctement les mouvemens ; mais on veut surtout qu’il en comprenne le sens physiologique et qu’il sache les adapter avec discernement, suivant les cas et les sujets.

Au point de vue de l’anatomie et de la physiologie, l’enseignement a toujours le même esprit pratique. Une salle de dissection est mise à la disposition des élèves gymnastes des deux sexes, et les jeunes filles, aussi bien que les jeunes gens, apprennent à disséquer pour étudier, sur le cadavre même, les muscles, les nerfs, les vaisseaux sanguins et les grands organes internes. Enfin, au point de vue des effets curatifs de la gymnastique, il est impossible d’imaginer rien de plus pratique que l’enseignement de l’institut. La salle de gymnastique médicale est, en réalité, une salle de consultation et de clinique. Trois séries de malades, hommes et femmes, viennent chaque jour demander à l’Institut central des soins médicaux qui leur sont administrés par les élèves gymnastes, sous forme de massage ou de mouvemens gymnastiques spéciaux.

Le titre d’élève de l’Institut central, quoique très recherché en Suède, ne s’obtient pas au concours, le concours ne se rencontrant presque jamais dans les institutions suédoises ; il est donné au choix. Toutefois, le choix implique toujours des garanties d’instruction générale, dont nous avons parlé plus haut. Il y avait, au moment de notre visite, 86 élèves inscrits, dont 60 hommes et 26 femmes. Ces chiffres représentent une moyenne de 30 diplômes délivrés chaque année, car les études varient d’un à trois ans de durée, suivant le degré du diplôme à obtenir.

Les cours de gymnastique pédagogique, militaire et médicale, sont suivis simultanément par tous les élèves hommes. Mais, si ces