Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/685

Cette page n’a pas encore été corrigée


Si nous voulions tout d’abord, pour nous concilier la faveur de nos symbolistes, essayer de parler leur langage, voici ou à peu près comment nous pourrions définir leur dessein :

Pour tout soucieux de nantir d’art cette mourante sécularité, et en urgente réaction, ou mieux nommée révolte contre le turpide asservissement du naturalisme alexiaque et zoliste à des besognes de duplication d’un réel infixable, le symbolisme, — dirions-nous, — est la réintégration de l’imprécis ou du fluent des choses, à inscrire dans le comparatif ou le suggestionnant, par l’instrumentation d’un rythme polymorphe, allié d’un verbe ondulatoire jusqu’aux limites, incessamment promues, du métaphorisme émancipé des triviales usances

Mais n’aurions-nous pas l’air de nous moquer du monde, y compris le symbolisme et les symbolistes eux-mêmes ? ce qui est tellement éloigné de notre intention qu’au contraire, du milieu des railleries faciles que provoquent leurs Écrits d’art ou leurs Entretiens littéraires, nous voudrions justement dégager ce que nous y trouvons, quant à nous, de beaucoup plus digne d’être encouragé que moqué ? Car enfin, passe d’en sourire ! mais il ne faut pas oublier que le rire ne laisse pas de ressembler parfois à une forme de l’inintelligence. Et c’est pourquoi, si les symbolistes ne voient pas toujours clair dans leurs propres idées,