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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/630

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I

Paris port de mer n’est pas une idée nouvelle, et la ville qui a un vaisseau dans ses armes a, plus d’une fois dans le cours de son histoire, pu se croire appelée aux destinées d’une cité maritime. Les flottes romaines n’ont-elles pas mouillé devant Lutèce, et les Northmans du Xe siècle ne sont-ils pas venus des rives de la Scandinavie, jusque sous les murailles de la cité, avec les frôles esquifs sur lesquels ils avaient bravé les flots de l’océan ?

Plus près de nous, on attribue à Vauban un projet de canal maritime de Dieppe à l’Oise, auquel d’ailleurs Colbert ne crut pas devoir prêter attention. Le projet de Vauban fut repris sous la Restauration. Le 7 mars 1825, un sieur Duchatenet en soumissionna la concession. Il y mettait toutefois la condition que le gouvernement s’engagerait à interdire à tout jamais la construction de routes de fer entre Paris et Dieppe. L’affaire n’eut pas de suite. D’autres projets de canalisation entre ces deux villes ont depuis attiré l’attention publique. Ils ont eu le même sort que celui de Duchatenet. Les dépenses de construction hors de proportion avec les résultats