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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/557

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I

Un vent de réaction souffle en ce moment sur l’Europe : cent ans après la révolution de 1789, le travail, affranchi par tant d’efforts, réclame à grands cris des chaînes ; la propriété foncière, après un demi-siècle de chemins de fer et de navigation à vapeur, demande que nous organisions nous-mêmes le blocus de nos côtes, que nous fassions venir de Chine, pour la dresser sur nos frontières territoriales, la muraille légendaire que le Céleste-Empire laisse aujourd’hui crouler.

Vive la contrainte ! Honneur aux minutieuses règles, règlemens et réglementations que les puissances législative et administrative s’apprêtent à multiplier pour notre bonheur ! Humilions-nous ! Tout ce que nous avons aimé depuis un siècle est haïssable ; tout ce que nous avons admiré, — liberté du travail, liberté des échanges, — est odieux. Combien nos pères étaient jeunes et fous, qui se lamentaient sur les entraves de toute nature que rencontraient, de leur temps, l’industrie et le commerce ! Et vous, joug béni, imprudemment secoué par les révolutionnaires de 1790, entraves vénérables, brisées si injustement, où êtes-vous que l’on vous raccommode ?