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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/531

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David, fermera ses brèches, relèvera ses ruines, la rebâtira comme elle était autrefois.

Même fonds d’idées dans Osée, mais avec un Jéhovah plus personnel, plus intime, plus près d’Israël, jaloux d’une jalousie d’amour et non d’orgueil : de là des images nouvelles qui ne seront point perdues pour ses successeurs et des accens pénétrans qui ne seront égalés que par le second Isaïe.

Osée est postérieur de quelques années à Amos : la décomposition politique s’avançait. La passagère et décevante splendeur de Jéroboam a passé, les pronunciamientos font et défont les rois. L’Assyrie paraît à l’horizon qui va tout engloutir. Et Israël, au lieu de se recueillir dans la voie que lui ouvre Jéhovah, s’amuse aux intrigues internationales, essaie de l’Egypte, essaie de l’Assyrie, ajourne la réforme des mœurs, s’enfonce dans les mœurs et les pratiques de ses alliés et protecteurs d’un jour. Il consulte les baguettes divinatoires, sacrifie sur les hauts lieux, brûle l’encens sur le chêne et le térébinthe et il n’y a ni fidélité, ni amour, ni connaissance de Dieu ; ce n’est que parjure et mensonge, assassinat et adultère. Et c’est pour cela que la tempête les saisira sur ses ailes. En vain, ils se tournent vers Assur, Assur n’a point de remède pour leurs plaies. Qu’ils reviennent à Jéhovah, l’appellent dans l’angoisse !

Pourquoi la fille d’Israël a-t-elle oublié ses fiançailles avec Jéhovah et se débauche-t-elle aux Baal ? Elle ne sait pas que c’est Jéhovah qui lui a donné le blé, le vin et l’huile qu’elle offre à ses faux dieux, l’or et l’argent dont elle fait leurs idoles. C’est pour cela que Jéhovah lui reprendra son blé et son vin, et la laine et le lin dont elle couvrait sa nudité, ravagera ses vignes et ses figuiers, les changera en broussailles. Mais non, Jéhovah ne peut répudier à tout jamais celle qui lui a donné les amours de sa jeunesse. Il la ramènera au désert où ils se sont aimés, il la consolera, elle y chantera comme au jour qu’elle sortait d’Egypte et la plaine de tristesse deviendra la porte de l’espérance. Comment Dieu pourrait-il abandonner Éphraïm, lui qui l’a conduit à la lisière, qui l’a pris dans ses bras, qui le tenait attaché à lui avec des fibres d’homme, des cordes d’amour ? Le cœur de Jéhovah est changé en lui et bout tout entier de compassion : « Je ne veux pas perdre Ephraïm, car je suis Dieu et non pas homme. Je suis le saint au milieu de vous : je ne viendrai pas pour détruire ! »

Ah ! qu’Israël retourne vers Jéhovah : — « C’est lui qui les a déchirés, il les guérira ; qui les a blessés, il les pansera ; il leur rendra la vie après deux jours et, le troisième jour, les relèvera. » Car Dieu les aime, et c’est pour cela qu’il les frappe par ses prophètes et les tue avec les paroles de sa bouche. Qu’ils ne viennent pas à lui avec des sacrifices : « c’est à l’amour que je prends