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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/447

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DU


ROLE SOCIAL DE L’OFFICIER




Les hommes que leurs occupations ou leur vocation mettent en contact avec la jeunesse cultivée s’accordent à signaler, dans la génération qui naît à la vie publique, certain courant de réaction contre le dilettantisme hautain qui a plus particulièrement marqué ses devancières. En présence de la transformation sociale, dont la marche grandissante et la fatalité forcent aujourd’hui l’attention des esprits les plus rebelles, cette jeunesse s’aperçoit, nous affirme-t-on, que, pour les privilégiés de l’esprit, il peut y avoir d’autres rôles que ceux d’analystes et d’expérimentateurs, et qu’il est peut-être temps de sortir de la critique ou de la spéculation stériles pour en venir à l’action rude et féconde.

Pour ne citer que quelques noms parmi les guides écoutés de la jeunesse, trois hommes, éloignés d’origine et d’esprit, mais que bien de nobles traits rapprochent, M. Albert de Mun, M. Melchior de Vogüé, M. Ernest Lavisse, ont reconnu cette bonne volonté, ce besoin de groupement pour une action commune, et s’efforcent de le féconder.

Le premier, pénétré de la gravité croissante de la question ouvrière et convaincu que seul le retour du peuple au christianisme en donnera la solution, groupe autour de lui le petit bataillon de la jeunesse catholique militante. C’est aux futurs ingénieurs, aux futurs industriels, aux futurs patrons qu il demande leur concours, et encore à ceux-là seuls auxquels une foi commune permet de s’associer à son œuvre : c’est, par la force des choses, parmi les élèves des établissemens religieux que se recrutent presque exclusivement ses adhérens.