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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/964

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Le Portugais a végété entre 55 1/4 et 55 1/2. L’insurrection d’Oporto n’a été qu’une échauffourée domptée en quelques heures, mais les relations sont toujours tendues entre les cabinets de Lisbonne et de Londres, et, aussi longtemps qu’il en sera ainsi, il n’y a pas à songer à l’émission de l’emprunt dont le trésor portugais a cependant un si urgent besoin.

Le gouvernement impérial allemand vient de décider l’émission, pour le 20 courant, d’un emprunt de 450 millions de marks. On sait que l’émission faite l’an dernier en rente 3 pour 100 à 87.50 n’a eu qu’un succès très relatif, et que le stock créé est resté à peu près complètement aux mains des banquiers. Ce fonds est coté à 86.50, soit une unité au-dessous du pair. Le type aujourd’hui choisi est encore le 3 pour 100. Mais le prix d’émission n’est plus que de 84.40. Des dépêches de Berlin annoncent que jeudi, pour la première fois, le fonds qui va être émis a fait l’objet de transactions à la Bourse. Les demandes ont élevé le prix à 86 ; on prépare ainsi au titre nouveau une prime de 1.40 pour 100. La banque de l’empire a réduit, vendredi 13, le taux de l’escompte à 3 pour 100. Cet abaissement est en relation directe avec l’opération d’emprunt.

L’accueil nettement favorable fait par l’opinion publique au projet de loi du gouvernement portant prorogation du privilège de la Banque de France de 1897 à 1920 a déterminé des achats d’actions de notre grand établissement de crédit, au-dessus de 4,300. La commission nommée par la chambre pour l’examen de ce projet a élu M. Léon Say pour son président. Après avoir entendu le ministre des finances, elle a décidé de recevoir pendant un court délai toutes les communications qui lui seraient adressées sur la question par les chambres de commerce et par toutes personnes ou associations intéressées. La majorité de la commission est d’ailleurs acquise aux grandes lignes du projet ministériel, et les modifications qui pourront être introduites dans la contexture du projet ne porteront que sur des détails.

Parmi les valeurs, l’épargne a très visiblement manifesté depuis quelques jours sa partialité pour quelques titres et son indifférence au moins passagère pour certains autres. Elle laisse encore la Banque de Paris à 836.25, le Crédit lyonnais à 825, le Comptoir national d’escompte à 660, la Banque d’escompte à 555, le Gaz à 1,465, le Suez à 2,435. Mais elle a porté le Crédit foncier de 1,283.75 à 1,290, le Paris-Lyon de 1,515 à 1,540, le Nord de 1,857.50 à 1,880, l’Orléans de 1,542.50 à 1,570, le Midi de 1,310 à 1,325, l’Est de 905 à 920, l’Ouest de 1,060 à 1,085, la Société générale de 505 à 515, le Saragosse de 308.75 à 315, la Banque ottomane de 617.50 à 623.75.


Le directeur-gérant : CH. BULOZ.