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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/9

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L’INSTITUTRICE

DEUXIÈME PARTIE[1].



VI.


Mme Brunet, habitait, à Tours, un ancien hôtel dont l’étroit jardin confinait au parc de l’Évêché. Il semblait qu’elle eût choisi cette demeure pour être en quelque sorte à l’ombre du représentant le plus élevé de Dieu dans son département. Cependant, quoiqu’elle appréciât cette situation, le choix de l’hôtel n’était point de son fait, elle le tenait de son alliance avec un riche propriétaire des environs de Bléré qui, lui-même, l’avait recueilli dans son héritage paternel. Les Brunet étaient une très ancienne famille tourangelle. L’un d’eux, échevin de Tours, vers 1740, avait fait construire cette demeure, qui, depuis lors, n’était pas sortie de la famille.

Une haute muraille, percée d’une porte cochère voûtée et d’un guichet, entourait une petite cour pavée au fond de laquelle se trouvait l’habitation. La poignée en fer de la sonnette était tellement polie par l’usage qu’on ne pouvait mettre en doute son service constant. À gauche, dans la cour, un hangar couvert en tuiles et supporté par des piliers de bois à peine dégrossis, précédait la

  1. Voyez la Revue du 15 décembre 1889.