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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/862

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En 1879, l’Allemagne a conclu avec l’Autriche un traité d’alliance défensive ; l’Italie y a accédé en 1882. Ce triple accord est-il bien, comme on l’affirme, un pacte de paix, une conception diplomatique n’ayant d’autre objet que de la garantir à l’Europe, désireuse assurément de la conserver ? Cette pensée si louable, les arrangemens qu’elle a suggérés, n’auront-ils pas des conséquences imprévues, bien différentes de celles qu’on en espère ? Cette question s’impose à tous les esprits soucieux de l’intérêt public : elle les trouble, et les inquiète, pourrions-nous ajouter. Nous essaierons de l’examiner sans avoir la prétention de la résoudre. Nous rechercherons sous l’influence de quelles circonstances, en vue de quelles nécessités et dans quelles prévisions, les trois puissances se sont mutuellement engagées. Nous étudierons la situation qu’elles ont créée, les obligations qu’elle leur impose, celles qu’elle impose aux autres puissances, pour dégager, des faits connus, le véritable caractère des conventions qui les lient, ainsi que pour en apprécier les résultats éventuels. La tâche est ardue : il est téméraire de l’aborder, nous ne nous le dissimulons nullement. Nous l’entreprenons cependant, n’ayant d’autre dessein que de contribuer à élucider un état de