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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/822

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y commit sans doute de nouvelles frasques, car le comte Saturnin reçut l’ordre de mettre à mort deux ecclésiastiques dont les visites à l’Augusta furent jugées trop fréquentes. Pour se venger, elle fit assassiner Saturnin, tomba dans une disgrâce plus complète, fut dépouillée des honneurs impériaux et acheva ses jours dans l’obscurité.

Pulchérie avait repris l’influence sur son frère, et, avec elle, toute l’autorité. A la mort de ce prince, elle donna la couronne avec sa main au sénateur Marcien, un vaillant soldat, lui faisant jurer que, malgré son titre d’époux, il respecterait sa chasteté. Elle termina sa vie dans les bonnes œuvres, et de ce couple exemplaire l’Église fit une paire de saints.

La fille de Léon Ier, Ariadne, créa successivement deux empereurs : son premier mari, Zénon l’Isaurien, sur la tête duquel elle fit placer la couronne par les mains de leur fils, encore en bas âge ; puis son second mari, Anastase le Silentiaire, qu’elle n’admit à l’empire et à son lit qu’après qu’il eut signé une profession de foi orthodoxe. Dans l’intervalle, la veuve de Léon Ier, Vérine, avait essayé de faire aussi valoir son droit à transmettre le pouvoir et avait couronné son frère Basiliskos. Celui-ci fut battu par les partisans d’Ariadne, bloqué dans une église, d’où il sortit sous la promesse qu’il serait épargné ; l’engagement fut tourné, car l’usurpateur fut jeté avec sa femme et ses enfans dans une citerne où on les laissa mourir de froid et de faim. Cette énergique Ariadne n’était pas tendre. Elle avait eu à se plaindre de son premier mari, Zénon, qui gouvernait mal et était sujet à des accès d’épilepsie : on prétend qu’elle profita d’un de ces accès pour le faire enterrer vivant ; lorsqu’on ouvrit son tombeau, quelque temps après, on trouva le cadavre tordu par les convulsions de la faim et ses bras à moitié dévorés.

L’histoire de Théodora, la fille du montreur d’ours Akakios et la femme du grand Justinien, est trop connue pour que nous y insistions.

Sophie, nièce de Théodora, avait épousé Justin II, le successeur de Justinien. A la mort de son. mari elle comptait, elle aussi, pouvoir disposer de l’empire. Elle avait jeté les yeux sur Tibère, auquel elle voulait offrir la couronne avec sa main. Par malheur, quand Tibère eut été proclamé, l’Augusta apprit qu’il était déjà marié. Elle parut se résigner, obtint qu’on lui laissât les honneurs impériaux avec la jouissance d’un palais ; mais ensuite elle complota contre l’ingrat et fut réduite à la vie privée.

Une fille de ce même Tibère, à la mort de son père, assura la couronne à Maurice. Elle vit, après l’usurpation de Phocas, son mari et ses cinq fils égorgés ; elle-même, avec ses filles, fut jetée