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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/820

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II. L’IMPÉRATRICE BYZANTINE. [1]


Gustave Schlumberger, de l’Institut, Un empereur byzantin au Xe siècle, Nicéphore Phocas, 1 vol. in-4° de 781 pages, avec 4 chromolithographies, 3 cartes et 240 gravures dans le texte. Paris, 1890 ; Firmin-Didot.


I

Qu’était-ce, à Byzance, qu’une impératrice, une Augusta, une Basilissa ? A priori, toutes les origines dont procédait la civilisation byzantine conspiraient à rendre nul le rôle politique de la femme. L’idée romaine faisait d’elle une éternelle mineure, lui interdisait le forum, ne permettant la rue qu’à la courtisane, enfermant la vierge noble ou la matrona dans son palais, ne l’en laissant sortir qu’en litière fermée, assignant pour unique domaine à son activité l’administration de sa maison et les ouvrages d’aiguille. L’idée grecque, non moins sévère, la condamnait à la réclusion du gynécée. L’idée orientale ajoutait au gynécée des grilles, des voiles, le sabre des eunuques, et le transformait en harem. Dans la Russie moscovite, le harem s’appelle le terem, à l’étage supérieur de la maison, et le voile s’appelle la fata. Mais

  1. Voyez la Revue du 1er janvier.