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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/727

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UiNE

PASSIONNETTE

PREMIERE PARTIE

I.

M™* de Gueldre entra dans le salon d’un air indifïérent et un peu las ; mais quand elle vit que c’était Bernard de Mons qui était là, sa physionomie changea. La main tendue, le sourire gai, elle s’avança dans la grande pièce, d’une allure rapide et glissante, qui faisait zigzaguer joyeusement la longue traîne de sa robe blanche.

— Ah ! c’est gentil à vous d’être enfin venu me voir!.. Asseyez-vous, ., pas là, on est très mal!

Elle s’installa dans une immense bergère basse et profonde, où elle disparut à moitié, perdue dans les coussins de soies anciennes, sentant l’iris. Puis, comme M. de Mons, qui venait de s’asseoir en face d’elle, la regardait sans rien dire, elle reprit :

— Au fait!., je ne sais pas pourquoi je vous remercie de votre visite... car ce n’est pas moi que vous veniez voir?..

— Mais si...

— Mais non!.. C’est mon mari... le domestique m’a dit : « Un grand monsieur très beau que je ne connais pas, et qui a d’abord demandé à voir M. le marquis... » TOME cm. — 15 FÉVRIER 1891. 46