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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 103.djvu/530

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III. BATAILLE DE LAWFELDT. — COMBAT DE L’ASSIÈTE ET MORT DU CHEVALIER DE BELLE-ISLE. [1]


I

Le cœur humain, pourtant, est fécond en contrastes : ce même souverain qui, par un acte de déplorable faiblesse, exposait une de ses armées à un désastre certain, se retrouvait dès le lendemain à la tête de l’autre, sur le champ de bataille, et y déployait des qualités vraiment dignes de sa race, la décision, le sang-froid et l’audace dont il avait déjà fait preuve dans des circonstances analogues. C’était le 30 juin qu’il signait la triste lettre adressée à Belle-Isle ; et le 1er juillet, dès l’aube, il quittait Tongres et se mettait en route pour aller trouver le maréchal de Saxe sur la petite hauteur de Herderen, un peu en avant de Maestricht, d’où il pouvait apercevoir, par un coup d’œil d’ensemble, le terrain sur lequel, les deux armées venant à se rencontrer, le conflit pouvait s’engager. A moitié route, il vit arriver à toute bride un

  1. Voyez la Revue du 15 décembre 1890 et du 15 janvier 1891.