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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/960

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LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

La rente française est en hausse d’une unité depuis la liquidation de fin novembre. Compensé à 95.15, le 3 pour 100 perpétuel se négocie à 96.20. L’amortissable a été porté en même temps de 95.75 à 96.80 ; le 4 1/2 lui-même, si négligé par la spéculation, a bénéficié d’une plus-value de 0 fr. 35 à 0 fr. 40. Ce mouvement de nos fonds publics a suivi pas à pas les péripéties diverses de la discussion du budget à la chambre des députés. Il faut rendre d’ailleurs aux acheteurs cette justice, que leur confiance dans la légitimité d’une nouvelle amélioration de nos fonds publics n’a été à aucun moment ébranlée par les incidens de la discussion. Les bruits de crise ministérielle, les lenteurs et la confusion du débat sur la réduction du taux d’intérêt alloué aux caisses d’épargne, le renvoi du vote de l’emprunt après le vote général du budget, les discours de M. Pelletan contre les conventions avec les chemins de fer, contre les nouveaux impôts et pour la suppression de la taxe sur les transports en grande vitesse ; enfin, la sanction donnée par la chambre à la proposition du gouvernement élevant de 3 à 4 pour 100 l’impôt sur les valeurs mobilières, n’ont eu aucun effet sur le marché de nos fonds publics. Les acheteurs ont attendu, avec un optimisme justifié par l’événement, la fin naturelle de toute cette agitation.

Le budget est voté. Pour établir l’équilibre entre les dépenses et les recettes, il a été fait des emprunts à tous les systèmes. Les partisans des conversions, adversaires de tout ce qui reste d’amortissement dans notre système fiscal, ont fait adopter le remboursement des bons trentenaires et d’une partie des bons de liquidation. Le résultat est que l’emprunt, au lieu de s’élever à 700 millions seulement, devra produire un capital total effectif de 869 millions.

L’opération aura lieu en janvier. On sait d’ailleurs que la rente nouvelle ne pourra pas être libérée de suite, mais sera payable en versemens échelonnés sur deux années. Elle ne viendra donc pas faire concurrence, sur le marché, au fonds existant, au moins d’ici la fin de 1892, et c’est là une des principales raisons qui rendent si assurés les acheteurs de notre fonds national. Il s’est fait déjà quelques négociations du futur 3 pour 100 avec une prime éventuelle de 2 francs sur le taux, encore inconnu, de l’émission.