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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/948

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de livres, il nous faut faire, aux publications de la maison Hachette, la place à laquelle elles ont droit.

Nous avons déjà signalé, pour leur agrément et pour la moralité qui s’en dégage, — nullement banale, toujours élevée, — les récits de Mme P. de Nanteuil. Aussi ne doutons-nous pas que les jeunes lecteurs de Capitaine et de l’Épave mystérieuse ne s’empressent de lire : En esclavage. Nous leur garantissons au moins qu’ils y retrouveront les mêmes qualités, le même plaisir par conséquent, et aussi le même profit. Si cependant, comme il est possible, ils préféraient le rire à l’émotion, c’est alors à M. Eugène Mouton que nous les adresserions. Connaîtraient-ils déjà peut-être les Voyages et aventures du capitaine Marius Cougourdan ? Ils les reliront donc et je m’assure qu’ils ne le regretteront point. Que si, d’ailleurs, il y a quelque mélancolie ou quelque amertume dans la plaisanterie de M. Eugène Mouton, ils ne s’en apercevront pas. Combien de fois, avant d’en sentir la tristesse, n’avons-nous pas lu jadis en riant les Voyages de Gulliver ? Je sais des gens aussi qui s’amusent de Candide lui-même.

Les Contes mythologiques, de M. de La Ville de Mirmont, sont d’un autre ordre encore. « Destinés aux jeunes filles, qui ignorent le grec, et aux jeunes garçons, qui d’ordinaire l’aiment peu, rédigés d’après les auteurs de la Grèce antique ; » et, dirons-nous à notre tour, habilement rédigés, nous les recommandons à tous ceux qui ne voudraient pas que l’enfance perdît entièrement le goût de la légende et de la poésie. Depuis trois ou quatre mille ans, les hommes n’ont rien inventé qui rivalisât avec ces fictions, d’un sens quelquefois si profond, sous la grâce de leur ingénieuse enveloppe ; et ni les Mille et une nuits n’en approchent, avec leur merveilleux oriental, ni nos Contes de fées eux-mêmes. Sachons donc gré à M. de La Ville de Mirmont de la peine qu’il a prise de les mettre à la portée de la jeunesse, ou plutôt envions-lui le plaisir qu’il n’a pas manqué d’y trouver. Car il n’a pas tort, quand il nous présente son livre comme « animé de l’esprit hellénique ; » et c’est bien pourquoi nous espérons avec lui qu’il pourra contribuer à répandre le goût de ces études que nous croyons comme lui si nécessaires à la culture de l’esprit français.

Il ne nous reste plus qu’à nommer, dans la Bibliothèque des merveilles, quatre nouveaux volumes dont elle s’enrichit cette année. Ce sont : les Statuettes en terre cuite dans l’antiquité, par M. F. Pottier ; l’Age de la pierre, par M. le docteur Verneau ; la Production de l’électricité, par M. J. Baille ; et enfin l’Hypnotisme, par M. le docteur Foveau de Courmelles. Il serait difficile d’imaginer un meilleur choix, des questions plus « actuelles, » et, pour les exposer, des écrivains plus compétens.