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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/946

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lieux. On peut en dire autant du Littoral de la France [1], de Mme Vattier d’Ambroyse, dont nous avons plus d’une fois entretenu nos lecteurs. De semblables ouvrages, qui nous rappellent à chaque page tant de glorieux ou de touchans souvenirs, sont aussi bien de ceux que l’on ne saurait trop recommander. Ai-je besoin de faire observer qu’ils sont l’un et l’autre abondamment illustrés ? L’illustration fait partie de la définition même du livre d’étrennes.

Deux autres ouvrages nous transportent dans l’Amérique du Sud : Trois ans aux Pays argentins [2], de M. Romain d’Aurignac, et les États unis du Brésil [3], de M. de Santa-Anna Néry. Bien qu’ici même les récits colorés de M. Alfred Ebelot et de M. Emile Daireaux nous aient fait depuis longtemps connaître les pays argentins, on ne lira cependant ni sans plaisir ni sans profit le livre de M. Romain d’Aurignac. Le style en est vif et allègre ; c’est un témoin qui parle ; et d’ailleurs les récits de voyage ne sont-ils pas toujours un peu, comme les Mémoires, l’image ou le portrait de l’esprit du conteur ? On lira donc le récit de M. Romain d’Aurignac ; et, quand on l’aura lu, si quelque autre voyageur, l’année prochaine, nous arrive des pays argentins, nous écouterons encore ce qu’il voudra bien nous en dire. Le Brésil est moins connu peut-être, et c’est ce qui chagrinait M. de Santa-Anna Néry. « La fièvre jaune » et « dom Pedro, » nous dit-il dans sa préface, voilà tout ce qu’on en sait en France, et moi-même, continue-t-il, c’est en vain que j’ai publié mémoires sur mémoires ; on fait des affaires avec le Brésil, mais on ne le connaît pas. Là-dessus, pour le moyen qu’il a pris de nous le faire connaître, et qui est d’envelopper d’une fiction romanesque les renseignemens qu’il nous donne sur la question de l’esclavage ou sur la culture du café, nous n’oserions répondre que ce soit le meilleur. Mais nous le souhaitons pour lui, pour le Brésil, et encore plus pour nous.

N’est-ce pas, après tout, le procédé de M. Jules Verne dans ses Voyages extraordinaires, ou celui de M. André Laurie encore dans le Secret du mage ? Ces deux noms, presque aussi populaires aujourd’hui l’un que l’autre parmi la jeunesse, nous avertissent que nous avons franchi le seuil de la librairie Hetzel, ou, si l’on préférait cette autre métaphore, que nous venons d’ouvrir les vitrines de la Bibliothèque d’éducation et de récréation. Les Jeunes aventuriers de la Floride, de M. J. -F. Brunet, y figurent aussi en bonne place, à côté du Secret du mage et de César Cascabel. César Cascabel est un brave homme de saltimbanque qui exerçait à Sacramento, en compagnie de sa femme et de ses trois enfans, lorsqu’une fâcheuse aventure, dont je ne veux

  1. 1 vol. in-8° ; Victor Palmé.
  2. 1 vol. in-8° ; Plon.
  3. 1 vol. in-8° ; Ch. Delagrave.