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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/844

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II. LA DISGRACE. [1]


VI

En dépit de Louis XIV et de ses mousquetaires, les chemins n’étaient pas si bien gardés que le courrier du roi n’eût été devancé par un autre. C’était le valet de chambre de Foucquet, Laforêt, qui, sans tarder, après l’arrestation de son maître, était sorti de Nantes, avait fait deux lieues à pied jusqu’au premier relais, d’où il avait couru la poste à franc étrier. Il était arrivé à Paris le 7 septembre, au point du jour. Quand Mme Foucquet la mère eut reçu de lui la terrible nouvelle, elle se mit à genoux en disant : u Je vous remercie, mon Dieu ! Je vous ai toujours demandé son salut : en voici le chemin. »

Hormis l’épisode de Laforêt, tout s’était fait et avait réussi selon la volonté du roi. A Nantes, Boucherat avait fouillé le logis de Foucquet et Pellot celui de Pellisson. A Belle-Isle, la garde n’avait fait aucune résistance, Fourille était entré paisiblement dans la

  1. Voyez la Revue du 1er décembre.