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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/601

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I

Incessamment renouvelée par les générations qui se succèdent, une nation se continue à travers le temps. Elle peut se maintenir et durer, malade guérir, abaissée se relever ; elle a pour elle ce qui fait défaut à l’homme : la reconstitution de chacun de ses élémens. Sur le sol qu’elle occupe et qu’elle met en valeur, elle se recrute constamment, de nouveaux-venus reprenant l’outil tombé des mains lassées de l’artisan, la charrue, la plume ou le fusil de l’agriculteur, du savant et du soldat.

Pour qui la suit à travers l’histoire, pour quiconque étudie sans parti-pris, sans idées préconçues, les causes de sa grandeur et de sa décadence, ces causes apparaissent, de prime abord, multiples et complexes ; mais cette multiplicité et cette complexité ne sont qu’apparentes et se peuvent ramener à des facteurs principaux, les mêmes pour toutes les races et pour tous les peuples. De l’harmonie de ces facteurs, de leur équilibre entre eux, découlent la grandeur et la prospérité d’une nation ; de l’équilibre rompu, de la suppression de l’un de ces facteurs, résulte un état de malaise, de décadence et d’abaissement. Tous les