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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/950

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 décembre.

A voir comment tout marche ou se traîne, tout ce qu’il y a d’inconséquences, de contradictions, de vulgaires obstinations dans nos affaires parlementaires, on pourrait bien croire que l’expérience ne sert décidément à rien en politique. On dirait qu’il ne s’est rien passé depuis quelque temps en France, ou si l’on veut, que tout ce qui s’est passé est déjà oublié, effacé comme un mauvais rêve de la mémoire des hommes. C’est en vain qu’on a vu se dérouler pendant des mois une crise d’agitation qui a tout menacé, qui n’était manifestement que le triste et déplorable fruit d’une politique d’aveuglement et de passion trop longtemps suivie. C’est en vain que le pays, interrogé dans les élections, a répondu aussi clairement qu’il le pouvait, en écartant le danger des aventures dictatoriales, et en témoignant l’immense désir d’échapper aux tyrannies meurtrières des partis, de retrouver la liberté de travailler en paix sous un gouvernement d’équité et de conciliation. Les élections sont passées, la crise est passée, on le croit du moins. Jusqu’ici, il n’y a pas l’apparence d’une politique nouvelle, répondant à la situation morale de la France telle qu’elle est apparue, aux vœux évidens de l’opinion. Il semblerait que tout s’est accompli pour que M. Floquet remonte sur son fauteuil de président avec sa suffisance, pour que les partis reviennent au Palais-Bourbon avec leurs passions, leurs préjugés, leurs caprices de domination, — et pour que le pays, témoin et victime de tout, compte une déception de plus !

Ce n’est pas, nous en convenons, qu’on puisse dire encore ce que sera définitivement cette chambre nouvelle qui vient de rentrer au Palais-Bourbon. Depuis un mois qu’elle est réunie, elle n’a à peu près