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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/948

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Les Marins de Franc, de M. Gaston de Raimes, édition illustrée de 150 dessins de M. Eugène Le Mouël, c’est le récit de quelques-unes des actions héroïques dont l’histoire de notre marine est pleine, depuis Jean-Bart jusqu’à Bisson, depuis Duquesne jusqu’à l’amiral Courbet, depuis « le Renard de la Mer » jusqu’à Henri Lecroisez, le sauveteur havrais. Dire de M, Gaston de Raimes, qu’il les a tirées de l’ombre, ce serait beaucoup, ce serait trop dire et non-seulement les noms de Tourville ou de Suflren, mais ceux aussi de Bisson ou de la Clocheterie nous sont assez connus. On ne lui en saura pas moins gré d’en avoir ranimé le glorieux souvenir et de l’avoir fait, comme il le fallait, sans emphase, mais non pas sans chaleur de cœur. L’oubli reprend si vite les noms de ceux qui ne sont plus ! et leurs exemples sont si nécessaires à ceux qui les ont remplacés dans la vie !

Nous ne pouvons que signaler l’Auberge des saules, de Mlle Jeanne Loiseau, dont il nous souvient seulement d’avoir lu, sous un autre nom, plus d’un agréable et attachant récit ; les Contes pour les soirs d’hiver, de M. André Theuriet, dont le nom suffira sans doute auprès de nos lecteurs ; et le Nain Goémon, texte et dessins de M. Eugène Le Mouël ; mais nous dirons quelques mots de plus de ces Héros légendaires dont M. Ernest d’Hervilly a eu l’ingénieuse idée de nous conter « la véritable histoire. »

Si vous connaissez en effet le roi Dagobert, et l’invincible Malbrouck, peut-être connaissez-vous moins M. Dumollet et Colin Tampon, ou Nicodème et Lustucru. Savez-vous seulement s’ils ont existé ? Pour éclaircir cette question, et bien d’autres encore, également abstruses, M. d’Hervilly s’est donc livré à de savantes recherches qui ne font guère moins d’honneur, qui en font même peut-être davantage à la fécondité de son imagination, ou à la singularité de son humour qu’à la longueur de sa patience. Aussi ne doutons-nous pas que les Héros légendaires ne soient accueillis du public avec autant de plaisir que l’auteur en a pris lui-même à reconstituer leur histoire, et à l’inventer au besoin. 160 dessins de M. Henri Pille, commentaire spirituel du texte de M. d’Hervilly, ajoutent beaucoup à l’attrait de ce livre un peu bizarre, mais amusant, et contribueront assurément pour leur part au succès que nous lui souhaitons.

Que reste-t-il encore à signaler ? Chez l’éditeur Calmann Lévy, de jolis vers de M. Pailleron : la Poupée, agréablement illustrés par M. Adrien Marie ; et un conte de fées, Zerbeline et Zerbelin, de M. Lucien Perey ? Chez Lecène et Oudin, Dix Contes, par M. Jules Lemaître, spirituellement contés, mais que nous louerions bien davantage encore si les éditeurs nous en avaient laissé quelque chose à dire. Ils ont promu d’eux-mêmes M. Jules Lemaître au premier rang de nos conteurs, — c’est ainsi qu’ils s’expriment ; — et, sans doute, l’année prochaine ils le