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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/907

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le strict nécessaire. En général, une faculté des lettres se compose d’un grand amphithéâtre de cours, quelquefois flanqué d’une tribune pour les dames, d’une petite salle d’attente de quelques pieds carrés pour le professeur et d’une loge pour l’appariteur ; pas de salles de conférences, pas de salles d’études, pas de bibliothèque.

Dans l’enquête ordonnée par M. Duruy en 1865, de partout s’élèvent les mêmes doléances, les mêmes requêtes. Marseille demande « par mesure d’hygiène, l’exhaussement des laboratoires qui manquent d’air. » Dijon signale « ses amphithéâtres étroits, sombres, nus, fort inférieurs, sous tous les rapports, aux classes d’un lycée. » A Lille, « l’un des amphithéâtres, construit en contre-bas du sol, est sombre, humide et on ne pourrait pas y professer convenablement pendant le jour. Le laboratoire de chimie réclame une place pour les objets de collections et un magasin pour les produits. La physique demande une salle distincte où l’on puisse installer des expériences et faire des manipulations. » Et ainsi des autres. — A Paris, la situation n’est pas meilleure. La faculté des sciences et la faculté des lettres étouffent, depuis la Restauration, dans la vieille Sorbonne de Richelieu ; depuis 1835, on a projet de les agrandir. Derrière la façade monumentale de Soufflot, la faculté de droit manque d’espace pour sa bibliothèque et pour ses cours. La faculté de médecine a des installations honteuses : « Tout Paris, écrit M. Duruy en 1868, dans un rapport à l’empereur, tout Paris est renouvelé : les bâtimens affectés à l’enseignement supérieur restent seuls dans un état de vétusté qui contraste péniblement avec la grandeur imposante d’édifices consacrés à d’autres services. » Et, en 1873, un autre ministre, M. Jules Simon, pouvait tenir ce langage à la réunion des Sociétés savantes : « Si nous avions eu le temps, j’aurais tenu à vous faire visiter, après la séance, nos établissemens scientifiques de Paris. Je ne parle pas de l’École supérieure de pharmacie ; j’aurais eu quelque inquiétude à vous y conduire, car, cette semaine même, nous venons d’être obligés de l’étayer. Je ne parle pas de l’École de médecine, ni surtout de l’École pratique que je ne veux plus montrer à personne… Sans sortir de la Sorbonne, j’aurais pu me borner à vous montrer les laboratoires de la faculté des sciences.., dans des locaux qui servaient autrefois à loger des étudians ou de petits ménages. Toutes ces pièces étroites, mal éclairées, dont nous avons su tirer parti, l’ancienne chambre à coucher, le petit salon, la cuisine, sont nos salles d’études ! Encore ne nous appartiennent-elles pas ; c’est la ville de Paris qui nous les prête ; et si demain elle nous donnait congé, notre enseignement s’arrêterait. »

Dans l’enseignement, que de lacunes ! « Vous le savez comme