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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/80

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grands réservoirs de Montmartre. Le modèle qui représente ceux-ci est remarquable par ses dimensions et permet de comprendre la façon dont les eaux sont emmagasinées dans leurs deux étages de bassins, situés à une altitude de 132 mètres. Les eaux de source et de rivière qui les alimentent sont refoulées par l’usine de relais établie au pied de la butte à une hauteur de 75 mètres. Elle est actionnée par une machine de 140 chevaux et peut élever 15,000 mètres cubes par jour. L’eau de source lui est amenée par la distribution du réservoir de la Dhuis, celle de rivière par la conduite de refoulement de l’usine de Bercy.

On voit, dans la même salle, les plans en relief du canal de l’Ourcq, de celui de Saint-Denis, et des spécimens de tous les tuyaux qui distribuent les eaux dans Paris. Leur diamètre varie entre 0m, 06 et 1m, 10. La longueur totale du réseau est de 2,200 kilomètres.

Les eaux ne servent pas seulement à l’alimentation et à la propreté des habitations, elles sont également employées à l’arrosage de la voie publique, des promenades et des squares, à l’entretien des lavoirs publics et des établissemens de bains. Les arbres, le gazons et les plates-bandes en consomment, à Paris, 6,000 mètres cubes par jour. Le service de la voirie expose, dans un des pavillons de la ville, le matériel très compliqué dont il se sert : les tonneaux d’arrosage, les pompes, les balayeuses mécaniques, les pelles, les râteaux à l’aide desquels on obtient cette propreté remarquable de nos rues qu’admirent les étrangers. Il produit également des modèles de ses lavoirs municipaux et des dessins représentant les piscines de natation de Montmartre et de Rochechouart. Parmi les villes de province, trois seulement ont suivi cet exemple. Le Havre a envoyé des dessins de ses bains et de ses lavoirs publics, Reims et Roubaix de leurs bains populaires avec piscines de natation. Il faut espérer qu’il s’en installera partout lorsque nous serons parvenus à persuader au public que la propreté individuelle est aussi indispensable que celle de la maison et de la rue, et qu’il n’est pas de préservatif plus sûr contre les maladies.

Dans tous les ateliers, dans toutes les usines, lorsqu’arrive le moment où cessent les travaux, les chaudières des machines à vapeur renferment des quantités considérables d’eau bouillante qu’on laisse perdre. Rien ne serait plus facile que de la conduire dans une grande piscine où elle servirait à échauffer une quantité égale d’eau froide, et dans laquelle les ouvriers pourraient se baigner, à tour de rôle, avant de retourner chez eux.

Le service de l’assainissement a fait pour les égouts un travail d’exhibition tout aussi complet. Il a figuré son réseau de canalisation souterraine, aux diverses phases de l’évolution de la grande